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Et Téléphone devient Les Insus : les coulisses d’une séparation (partie 2)

Au delà des histoires d’amour, Téléphone va surtout être miné par des histoires d’égo et de fric. Pour Corine Marienneau, tout commença avec la la répartition des droits d’auteur.

En 1978, Téléphone connaît le succès avec leur tout premier album éponyme. Aubert qui est allé enregistrer ses droits d’auteur à la SACEM, va empocher un premier chèque de 4 500 euros qui va susciter la colère des autres membres du groupe, qui vont demander leur part du gâteau. La question de la répartition des droits d’auteur va alors miner Téléphone, alors au bord de la rupture : deux visions vont s’affronter. Jean-Louis Aubert considère qu’il est juste de toucher la majorité si l’on est l’auteur des titres. Pour les autres, il est hors de question qu’il y est des inégalités financières au sein du groupe.

« Il est normal que dans un groupe, on partage. Il n’est pas normal qu’il y en ait un qui roule en Ferrari et tous les autres en 2 CV […]. Ça s’est fini chez moi, je me souviens qu’il y a eu des larmes et des déchirements. Ça a duré toute la nuit, et quand on s’est quitté, on était enfin d’accord. Je sais que pour Jean-Louis, ça lui a coûté énormément. Mais je n’aurais jamais continué Téléphone si on n’avait pas partagé » – Propos de Richard Kolinka.

De cette réunion très musclée, il en ressortira une nouvelle répartition des droits : ce sera 40 % pour l’auteur principal et 20 % pour les autres.

Clip vidéo Argent Trop Cher de Téléphone

A travers cet incident, c’est une véritable lutte des égos qui semble se dessiner. Jean-Louis Aubert va prendre de plus en plus de place dans le groupe. Il va même devenir la tête d’affiche des médias. Hors de question pour les autres de jouer le rôle de musiciens jouant pour lui.

« Je sentais que Jean-Louis voulait transformer le groupe en Jean-Louis et ses musiciens, et notre manager l’accompagnait dans cette démarche. » – Propos de Corine Marienneau

En 1985, le groupe met un pas dans la “variété” avec le tube “Le jour s’est levé” (leur plus gros succès), un virage pris par Aubert que Bertignac a du mal à accepter. Pire, il refuserait même d’arranger les nouveaux textes de son acolyte, histoire de manifester son désaccord artistique. Le guitariste a des envies d’ailleurs et ne veut plus se contenter de ce rôle de “suiveur”. Il commence alors à garder jalousement quelques mélodies pour son album solo.

Clip vidéo Le jour S’est Levé de Téléphone

Le 21 avril 1986, Téléphone se sépare, et qui plus est, en deux. Jean-Louis Aubert se lance dans une carrière solo accompagné de Richard Kolinka. Il sort la chanson Juste Une Illusion, que Téléphone avait refusé.

Louis Bertignac forme quant à lui le groupe “Bertignac et les Visiteurs”, dont fait partie Corine, et lance le tube « Ces Idées-là ». Avec 700 000 exemplaires vendus, le single frôle le nombre de ventes enregistré par la chanson « Le jour s’est levé ». Un succès qui conforte les deux anciens Téléphone de continuer l’aventure sans Jean-Louis Aubert.

Retrouvez la dernière partie de notre article la semaine prochaine.

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