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Et Téléphone devient Les Insus : les coulisses d’une séparation (partie 1)

« Je crains que tout cela [la sortie de l’intégrale du groupe et ces concerts] donne à penser que Téléphone, c’est Jean-Louis, Louis et Richard. C’est une manière subliminale de récupérer la marque et de m’effacer »– Propos de Corine Marienneau – L’Obs

Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac et Richard Kolinka reviennent sur le devant de la scène sous le nom des Insus. “Insus” comme “Les insus – Portables”, un jeu de mots qui est un clin d’oeil à leur nom d’origine. Juridiquement, une reformation sous la marque Téléphone leur est impossible sans l’approbation de Corine Marienneau, la bassiste du groupe. Cette dernière n’a pas été conviée à rejoindre l’aventure, et ce bien qu’elle ait manifesté son envie de reprendre du service. Elle leur a même envoyé plusieurs lettres recommandées :

« Je ne suis pas friande de ce type de courrier, mais vous n’avez pas répondu à mes derniers mails […]. En aucun cas, je n’ai accepté de ‘laisser ma place au sein du groupe’ et, au contraire, je serais ravie de la reprendre si une reformation était envisagée […]. Je suis disponible pour des retrouvailles et pour une reformation éventuelles. » – Extrait d’une lettre de Corine Marienneau datant du 15 décembre 2009 – Le Monde – 2012

« Je vous le redis, je suis prête à y aller avec vous, à la faire enfin cette tournée, nous quatre sur scène, nos indéniables différences de points de vue pouvant rester en sommeil afin que ces concerts soient une vraie fête pour le public. Qu’en pensez-vous ? » – Extrait d’une lettre de Corine Marienneau datant du 14 août 2010 ) – Le Monde – 2012

Parce que oui, Téléphone ce n’est pas trois mais quatre artistes bourrés de talents : Jean-Louis Aubert (guitare et chant), Louis Bertignac (guitare et chant), Corine Marienneau (basse, chant et guitare) et Richard Kolinka (batterie). Avec Les Insus, les trois garçons du groupe ont affiché leur souhait de ne plus vouloir travailler avec Corine. N’allait pas voir ici une affaire de sexisme. Non, ici il s’agit tout simplement de quatre “potes” qui étaient tout le temps collés les uns sur les autres. Une proximité qui créera des histoires d’argent, d’égo, d’amour et des prises de têtes à répétition. Surtout entre Jean-Louis et Corine, dont les années ne vont pas arranger les choses, bien au contraire.

« Il y a toujours eu des petites engueulades entre Jean-Louis et Corine, ça a toujours été comme ça. J’étais pris un peu entre deux feux parce que Corine, c’était ma meuf et Jean-Louis, c’était mon meilleur pote » – Propos de Louis Bertignac, La Nouvelle Edition de Canal +, 2013

Le 21 avril 1986, le groupe annonce officiellement sa séparation. A l’époque, la tension était telle que seul le single Le jour s’est levé survécut à une session d’enregistrement qui prévoyait la création d’un dernier album studio.

« Le problème de Corine, c’est les histoires d’amour qu’elle a eues avec deux membres du groupe, basta » – Propos de Richard Kolinka – Le Monde – 2012

Pour le batteur du groupe, ce sont essentiellement les histoires d’amour qui ont miné le groupe. A l’époque Corine et Louis étaient en couple, et ce, bien avant Téléphone (ils faisaient partis du groupe Shakin’ Street). La bassiste vivait très mal les groupies qui tournaient autour du groupe et de son homme. Et un jour, Bertignac la quitte pour s’adonner aux jeunes groupies, et Corine tenta de suicider. Elle trouve alors du réconfort dans les bras d’Aubert. Tous deux vont vivre alors une courte histoire d’amour, qui va être très mouvementée.

« C’était une folie des histoires d’amour au sein du groupe. Mais ça faisait partie de son essence même. » – Propos de Corine Marienneau

Vidéo live Cendrillon de Téléphone

Avec deux ex-amants au sein du groupe, difficile pour Corine Marienneau de continuer avec Téléphone. Surtout qu’elle assiste à un véritable combat de coqs entre Aubert/Bertignac, qui draguaient les jeunes groupies du premier rang lors des concerts. Des fans qui plus est mineurs, ce qui énervait la bassiste au point de tourner le dos au public et de rendre fou Aubert.

« Ah, Carla (Bruni) ! Elle avait 16 ans, moi la trentaine (…) Je ne suis pas peu fier d’avoir ‘fait la première partie’ d’Eric Clapton et de Mick Jagger » – Propos de Louis Bertignac – VSD – Septembre 2015

Retrouvez la suite de notre article la semaine prochaine. Vous allez voir que les histoires d’amour ne sont pas les seules responsables des tensions qui ont miné le groupe.

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